vous etes ici accueil > Outils et ressources pédagogiques par domaine d’apprentissage > Maîtrise de la langue > Cycle 2 > Interaction langage oral/langage écrit
publie 15 mars 2009

Interaction langage oral/langage écrit

compte rendu de la conférence de Gérard Chauveau du 04 février 2009










Compte rendu de la conférence  du 4 février 2009

Circonscription de Sannois

 Gérard Chauveau, chercheur honoraire à l’INRP

 

  Interactions langage oral/ langage écrit

 

« Des enseignants qui comprennent mieux ce que suppose le savoir « lire et écrire » sont mieux armés pour agir et développer un enseignement adapté ».

 

I) Que met-on derrière l’ « Ecrit » ?

C’est un ensemble de compétences linguistiques (lexicales, phonologiques, syntaxiques)

qu’il faut différencier des compétences langagières qui s’expriment dans les situations de communication.

C’est un ensemble de composantes qu’on appelle le « lire / écrire ».

 

Du côté de l’enfant, cela nécessite plusieurs acquisitions :

  1. Le code : C’est le lien entre la chaîne orale et la chaîne écrite : l’identification des mots.
  2. Le savoir lire : la recherche d’informations écrites (= la compréhension)
  3. Le savoir écrire : produire, transmettre des informations par l’écriture. (= Production écrite)
  4. La culture de l’écrit
  5. La pensée écrite ou l’intelligence écrite : Dès l’école maternelle, il faut se servir de l’écrit comme outil intellectuel. Par exemple, travailler sur la liste (moyen de soulager la mémoire),

C’est une affaire complexe qui nécessiterait tous les soins de l’institution. Pourtant, le système scolaire traite mal ce système de l’écrit ...

Quand on parle de l’ensemble de la pédagogie de l’écrit, il conviendrait de mettre en place des enseignements de natures différentes pour travailler ces différents points.

Car l’école doit former des « intelligences » et c’est en maternelle que cela commence.

 

II) Les grands domaines à travailler pour permettre l’entrée dans l’Ecrit chez l’enfant

A) Le code : Que devrait savoir un enfant à l’entrée au CP ?

 

Ce qui s’écrit, ce sont des sons du langage.

Ex : LAPIN. Il existe une lettre son pour chaque son du langage lorsque je prononce le mot : L – A – P – IN (lien entre l’oral et l’écrit).

C’est ce qu’on appelle le code grapho-phonique de base : l’unité de base de ce code alphabétique n’est pas la lettre de l’alphabet. Exemple : (OISEAU : OI - S – EAU) mais la connaissance de l’ensemble des lettres-sons .

Ce code permet de lire et d’écrire 85% des mots de la langue française.

 

La syllabe écrite : Il faut enseigner de manière explicite la syllabe écrite. Pas de deux lettres uniquement. Ex : (MOU) ( PEIN de PEINTURE). Les mots qui commencent par une syllabe voyelle (ARMOIRE). Il peut y avoir des syllabes d’une lettre donc (A-VION) mais aussi des syllabes de 6 lettres ! (CHEVREUIL).

 

Le code idéographique :  Il doit faire l’objet d’un apprentissage explicite

les lettres muettes.

Ce sont des lettres sens . Ex : grand chaud petit

sens lexical  enfant (enfanter ...) sens grammatical = une jolie mariée

les lettres ajoutées : ex : « h » lettres étymologiques.

 

B) Le savoir lire

Il ne faut pas confondre lire et déchiffrer.

Le savoir lire de base s’analyse en tenant compte d’un déroulement temporel.

L’acte de lire peut se décomposer en 4 petites séquences .Ce sont les étapes nécessaires à maîtriser.

 

1) L’enfant se pose une question sur le contenu du texte (il s’appuie sur l’image s’il y en a une).

2) L’enfant va parcourir toute la phrase écrite (les mauvais lecteurs prennent comme unité de travail le mot). C’est l’exploration du message. Ce qui est à travailler en tant que lecteur, c’est le message verbal, la production langagière.

L’unité de travail est comprise entre deux points. Il faut travailler cela avec les élèves de manière explicite.

3) L’enfant doit être capable de reconstruire le petit texte qu’il est en train de parcourir (murmure, semi -oralisation...).C’est la reconstruction du texte L’enfant redit l’énoncé. Lire un texte c’est parler le texte, le dire pour soi. Au bout d’un moment, l’enfant devra être capable de le faire mentalement.

4) L’enfant devra être capable de dire avec ses mots. C’est la reformulation.

Lire c’est être capable de redire, c’est une activité langagière particulière

Ce savoir lire nécessite des compétences spécifiques car l’activité de lecture est complexe et interactive.

 

  1. L’enfant doit maîtriser le déchiffrage et l’identification des mots. Mais ce n’est que

l’une des clés du savoir lire. (compétences grapho-phoniques)

  1. L’enfant doit savoir explorer et questionner des petits textes écrits.

 Compétences sémantiques, grammaticales, syntaxiques ...

 (exploration gauche, droite, exploration avec retour en arrière pour vérifier la

 compréhension, questionnement du contenu du texte ...)

L’enfant doit être un « chercheur de sens ». Le guide de lecture : Qui ? Quoi ? Où ?

 

C) Le savoir écrire

Freinet , faire des enfants producteurs de textes...

Les opérations dans le savoir écrire sont spécifiques. Il ne suffit pas de maîtriser les compétences du savoir lire. C’est un enseignement à part et à part entière.

L’activité de production écrite nécessite de s’engager dans 6 gestes différents :

 

1) la mise en texte : formuler dans la langue de l’écrit. Passer de l’oral ordinaire à la langue de l’écrit. « Parler comme dans les livres ».

2) La mise en mots : être capable de découper l’énoncé verbal en unités « mot » ou au moins en unités de sens.

3) L’enfant doit se soucier de l’orthographe. Avoir cette préoccupation. L’adulte est là pour attirer son attention et peut le solliciter.

4) Etre en position de réguler cette production écrite : resté attentif et concentré. Avoir conscience de ce qui a déjà été écrit. (rôle de l’adulte : relecture, contrôle, régulation)

5) Réviser la production : relecture pour vérifier si au niveau du contenu cela va ....

6) Editer le texte : le remettre sur le bon support.

 

D) La culture écrite

On peut prendre l’image d’une maison à quatre étages :

 

1er : les objets = les supports (journal, album, affiches ...)

2ème : la diversité des écrits (histoires pour rire, imaginer ..., fonctionnels ...)

3ème : les lieux de la culture écrite (BCD, coin lecture ...

4ème : les « lettrés » = le pratiquant. Fréquenter des personnes qui savent lire et écrire.

 La représentation de l’acte de lire et d’écrire.

 

 

Les programmes actuels préconisent 2 heures par jour en maîtrise de la langue.

On pourrait donc répartir cet horaire selon un emploi du temps qui chaque jour proposerait quatre grandes séquences pédagogiques de 30 minutes avec :

- une étude du code

- un entraînement du savoir lire

- une séance de production d’écrit

- une séance culture de l’écrit.

 

Il faut que l’enfant comprenne un certain nombre de choses, qu’il se pose des questions...

Entre la GS et le CP, l’enfant va commencer à se poser des questions.

1) Comment ça marche l’écriture, la lecture ?

2) A quoi ça sert ? Qu’est-ce que je pourrais faire si ...?

 C’est se projeter dans le futur pour donner du sens à cet acte de lire.

= Le projet personnel de lecteur

3) La nature de l’activité de lecture

Interpréter des images ne suffit pas au savoir lire. Il ne suffit pas de savoir lire des mots par ci par là ...

 

III) Origine de l’écrit chez l’enfant – Chevauchement Langage oral (LO) et langage

écrit (LE)

Le vrai départ de l’écrit chez l’enfant, c’est autour de trois ans ; Aujourd’hui, 100% des enfants sont scolarisés à trois ans. Les programmes ont rendu obligatoire la rencontre avec le monde de l’écrit. L’enfant prend donc des habitudes dès l’entrée à l’école maternelle. C’est un changement culturel dans nos sociétés (en 1977, c’était vers 6-7 ans)

Trois ans, c’est également un moment important dans le développement du langage de l’enfant. On a une explosion de la construction syntaxique et du lexique.

Ainsi, l’entrée en littérature par la médiation de l’adulte va permettre un échange, une discussion autour du livre et améliorer le niveau du langage parlé .Le développement du langage écrit a une double origine : le développement du langage parlé et le développement de la culture écrite.

Il y a donc un rapport de simultanéité et de concomitance entre la maîtrise du langage parlé et l’entrée dans le langage écrit et la culture écrite.

 

Compte rendu rédigé par Madame Panel (maternelle Pasteur)